Chante ma ville


Chante , mon fier pays , chante mon fier village ,

Chante nos belles forêts , nos monts et nos rivages ,

Chante nos froids matins et nos fortes chaleurs ,

Chante notre visage , chante notre bonheur .


Chante nos clairs ruisseaux , nos souvenirs d’enfance ,

Nos voisins , nos amis , nos espoirs , nos errances ;


Chante le bel été quand siffle le bouvreuil ,

Et Printemps quand Coucou s’égosille tout seul ,

Et Automne quand noisettes sont folies d’écureuil ,

Et Hiver, quand la neige a recouvert nos seuils.


Chante nos folles passions , chante nos durs labeurs ,

Oui , chante nos usines , nos sarts , nos travailleurs,

Chante nos belles légendes , nos preux , nos enchanteurs ,

Chante notre vieille vallée , et ses hommes et leur cœur.


Chante, mon Bogny , chante ,

                      Nos espoirs , nos désirs ,

Chante , mon Bogny ,chante ,

                      Chante notre avenir !

      Janvier 2006                                              


A Bogny …… mon passé,……  mes aïeux, …… mon présent,…… notre ville.


Sur Bogny ce matin, s’est soulevée la brume ;

         Du voile des souvenirs , elles émergent une à une :

               Trois villes, trois patries ; l’une de mon enfance :


Château : son ermitage , Château : ses quatre fils,

Ses rocs noirs, sa forêt et ses serfs qui s’échinent.


Et puis Braux , Braquae ,des trois : l ’ ancien village ,

Braux et sa collégiale , ses saints , ses pèlerinages .


Et  enfin , Levrézy , secrète Damoiselle ,

Toute jeune , toute douce , enfouie dans ses dentelles .


Venues du fond des âges , aux rives de la Meuse ,

Toutes trois , une à une , elles se sont installées .

Descendantes des Celtes , Peuple de la souffrance ,

Peuple des invasions , paysans , ouvriers ,

Peuple de la misère , mais Peuple du courage !


Toutes trois : Une seule ; Nos enfants ; L’ Avenir .


Oh !  comme je voudrais que cessent les querelles !

Oh ! comme je voudrais , qu ‘ enfin tous réunis ,

Nés ici , Nés ailleurs ,Là , tout près , loin , très loin ,

Nous ne formions plus qu’ un et chantions d ’ un seul chœur ,


Pour Bogny notre Aimée !  pour Bogny notre Belle !                                            

A ma ville

A MA VILLE

Quatre Fils


C’était par un matin de brume et de lumière

Du haut de l’Hermitage, j’ai vu les quatre Fils.

Ils dressaient vers le ciel leurs belles têtes altières,

Surgissant du passé, tournés vers l’avenir.


A l’avant, érigé tel une figure de proue,

Bayart, le cheval fée étendait sur la ville

Son ombre protectrice et saluait le jour.
Las, en bas, toutes ces âmes affairées et fébriles,

Comme dans un ballet, vaquaient et s’échinaient

Sans savoir que plus haut la beauté éphémère

De l’instant révélé, m’offrait tous ses cadeaux.


Vue d’en haut


Du haut de l’Hermitage, cette fin d’après- midi,

Presque sur les nuages j’étais si bien assis ;

Rêvant dans l’herbe verte, comme quand j’avais treize ans,

Quand Bogny était trois, c’était le temps d’avant.


Le dernier jour d’école, des cahiers inutiles

Eole changeait les pages en des avions graciles.

De l’antre de Maugis, guidés par l’Enchanteur,

S’envolaient les devoirs et problèmes trompeurs.


Survolant Château- Regnault dont les marteaux- pilons

Appelleraient bientôt tous ces lanceurs d’avions,

Portées par les courants, dictées et rédactions,

Au lieu d’aller vers Braux, changeaient de direction.


Craignant hélas d’être sévèrement corrigées

Par celle qui des trois est sans doute l’aînée,

Sur la Meuse passant tout près des Fils Aymon,

Vers Levrézy volaient les pages de brouillon.


Ces avions de papier, s’ils avaient pu parler,

Passant sur Levrézy, Braux, et Château- Regnault,

En s’exprimant bien sûr en patois d’la Vallée,

Auraient pu dire tout haut, « Qu’no pays est don’ biau»