On a connu Gautier, il y a bien longtemps

Le moine de Laval Dieu, qui était au couvent.

Et il aimait la chasse, au point d’en oublier

De se rendre à la messe, il traquait le gibier.

N’entendit pas les cloches quand il criait « taïaut »

Il crut tuer un loup, c’était un renardeau.

C’est une diablerie, Gautier en est conscient.

Il est déjà trop tard, voilà qu’arrive Satan.

Il est très effrayant, il a les pieds fourchus,

Il traîne une longue queue, il a le front cornu.

Gautier cherche son chapelet, il veut l’exorciser,

Il ne le trouve pas, et ne peut l’éloigner.



« Signe ce parchemin, dit le diable en riant,

Si tu me vends ton âme, tu auras de l’argent.

_Sans encre, je ne puis signer ce document

Pique- toi à la veine, écris avec ton sang. »

A ce moment précis, la cloche vint à sonner,

« C’est la levée de Dieu », dit le moine effrayé. »


« Qu’importe ! dit Satan, j’ai sur moi un flacon

Nous allons communier, ici, à ma façon ! »

Lorsque la parodie, enfin, fut terminée,

Satan lui demanda, à nouveau, de signer.

« Si jamais tu refuses, j’emporte à tout jamais,

Ton âme et puis ton corps au fond de la forêt 


L’ouyeu des Perrières

 Si tu signes, par contre, ton corps te restera ;

Pour conclure le marché, ton âme m’appartiendra ;

Mais chaque nuit tu dois parcourir le Gros Bois

En criant « Hou, taïaut ! » et cela treize fois.

La chasse imaginaire que tu dois animer

N’aura jamais de fin, telle est ma volonté ! »


Le pauvre moine signa et Satan disparut.
Et depuis ce jour- là, bien que nul ne l’ait vu,

Le chasseur du Gros Bois, en excitant les chiens,

Court fourrés et taillis, criant de loin en loin.

C’est L'ouyeu des Perrières, certains entendent encore

Le crieur poursuivant le loup jusqu’à l’aurore.